Longtemps gardée secrète, l’histoire de l’assassinat de Patrice Émery Lumumba se dirige lentement mais sûrement vers l’ouverture d’un procès, soixante-cinq ans après cet épisode sombre de l’histoire coloniale belge.

Selon des révélations rapportées notamment par Libération (liberation.fr), la chambre du conseil de Bruxelles s’est penchée ce mardi 20 janvier 2026 sur ce dossier hautement symbolique , celui du possible renvoi devant un tribunal correctionnel de l’ancien diplomate belge Étienne Davignon, aujourd’hui âgé de 93 ans.
Les avocats de la famille Lumumba et ceux d’Étienne Davignon ont comparu au palais de justice de Bruxelles dans le cadre de cette affaire emblématique, après la plainte déposée depuis 2011.
En jeu , la responsabilité présumée de l’État Belge et de certains de ses représentants diplomatiques dans l’arrestation, le transfert et l’assassinat du premier Premier ministre du Congo indépendant, Patrice Emery Lumumba.
Selon le parquet fédéral Belge, Étienne Davignon aurait été « aux premières loges » à un moment clé, lorsque fut évoqué le projet d’arrestation de Patrice Lumumba.
Après de longues années d’enquête, le ministère public a requis l’ouverture d’un procès pour des faits qualifiés de graves : détention ou transfert illicite d’un prisonnier de guerre, privation du droit à un procès équitable, ainsi que le traitements inhumains et dégradants réservé à ce personnage historique.
Patrice Lumumba, figure majeure de la lutte anticoloniale africaine et premier chef de gouvernement du Congo indépendant en 1960, est rapidement renversé dans un contexte explosif mêlant guerre froide, sécessions régionales et fortes ingérences étrangères.
Pourchassé, arrêté puis transféré au Katanga, il est exécuté le 17 janvier 1961 aux côtés de Maurice M’Polo et de Joseph Okito.
Étienne Davignon est aujourd’hui le dernier Belge encore en vie parmi les dix personnalités initialement visées par la plainte de la famille Lumumba, laquelle dénonce des crimes de guerre, des actes de torture et des traitements inhumains.
Pour les proches de l’ancien Premier ministre congolais, cette procédure judiciaire représente bien plus qu’un dossier pénal : elle incarne une quête de vérité, de justice et de reconnaissance.
La décision de la chambre du conseil, attendue dans les prochains jours, pourrait marquer un tournant historique. Pour la première fois, un haut responsable belge pourrait être appelé à répondre pénalement de son rôle présumé dans l’un des assassinats politiques les plus emblématiques du XXᵉ siècle africain.
La Rédaction

