RDC/DIPLOMATIE : RELLATIONS RDC/BELGIQUE, QUAND LE COLON D’HIER REFUSE AUJOURD’HUI Á UN PAYS SOUVERAIN LE DROIT DE JOUIR PLEINEMENT DE SES RESSOURCES
Spread the love


« Quosque tandem abutere patienta nostra…  » Empruntons cette célèbre phrase latine tirée des Catilinaires de Cicéron, prononcée en 63 av. J.-C devant le Sénat pour exprimer cette patience des congolais dont la Belgique abuse depuis très longtemps pour faire justice et ammende honorable à ce peuple qu’il a tant meurtri durant des décennies et qui porte encore les blessures de la violente et très égoïste hégémonie menée pour que elle, la Belgique se construire aujourd’hui en tant qu’Etat en Europe.


Oui, Jusqu’à quand, petite Belgique, abuseras-tu de la patience de la RDC, cette tendre mère qui t’as nourrie ?» telle est la question que se pose une frange des congolais conscients face à l ‘attitude prise par la Belgique qui s’ est décidée depuis quelques temps de verrouiller l’accès à la RDC de ses richesses stratégiques.


Pour se mettre dans le contexte, le contentieux autour des archives coloniales congolaises conservées en Belgique se joue essentiellement à Tervuren, autour du Musée royal de l’Afrique centrale, appelé aussi AfricaMuseum. Sur place dorment des kilomètres de documents produits durant la colonisation du Congo.

Cartes géologiques détaillées, rapports d’exploration ainsi que des relevés stratégiques du sous-sol .
Aujourd’hui, ces archives ne sont plus seulement un héritage historique, elles sont devenues un enjeu de puissance.
Un patrimoine congolais hors du Congo
Produit sur le sol congolais entre 1885 et 1960. Des données qui portent directement sur le potentiel minier national : cuivre, cobalt, lithium et autres minerais stratégiques qui alimentent la transition énergétique mondiale.
Fort est donc de constater avec amertume et pas sans regrets que  plus de six décennies après l’indépendance, ces informations cruciales demeurent physiquement et juridiquement sous contrôle belge.
D’où la question pour certains observateurs,  comment un État peut-il pleinement maîtriser son développement minier si une partie essentielle de sa mémoire géologique reste conservée à l’étranger ?
Il revient de certaines sources fiables et qu’afin d’accélérer l’exploitation scientifique et économique de ces données, les autorités congolaises auraient conclu un accord avec une  société américaine dénommée KoBold Metals. Spécialisée dans l’exploration minière assistée par intelligence artificielle, l’entreprise propose de numériser les archives et d’utiliser des outils technologiques avancés pour identifier de nouveaux gisements.
La RDC a entreprise cette démarche en vue de capitaliser son potentiel minier dans un moment où la compétition mondiale pour les minerais critiques bat son plein.
Quelle n’est donc pas la surprise de constater que les autorités belges ont opposé une fin de non-recevoir à toute idée d’accès exclusif aux archives par une entreprise privée prétextant préserver le caractère public, scientifique et non commercial des collections conservées à Tervuren. Comme un père qui déciderait encore de ce qui est bien et mal pour son enfant. Attitude paternaliste inacceptable.
Un refus donc qui soulève des interrogations : s’agit-il uniquement de principes archivistiques, ou d’un verrou stratégique sur des informations susceptibles d’influencer l’économie mondiale des minerais ?
Souveraineté contre héritage colonial
Ce bras de fer dépasse largement la simple question de numérisation. Il ravive le débat sur la restitution du patrimoine colonial et sur la souveraineté informationnelle des États africains.
Un dossier appelé à s’intensifier
À l’heure où les minerais congolais sont au cœur des chaînes d’approvisionnement mondiales.
La question reste entière : la mémoire géologique du Congo restera-t-elle indéfiniment sous gestion belge , ou un nouveau modèle de coopération émergera-t-il ?
Ce dossier sensible pourrait bien devenir l’un des prochains grands points de tension entre Kinshasa et Bruxelles au moment où la RDC se retrouve liée aux USA par une série d’accords majeurs visant l’exploitation des minerais stratégiques .       

Michel Kayak

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *