RDC : LE SILENCE DE DIEU , ET SI LA RDC VIVAIT SES 400 ANS ?
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Dans les Écritures, un vide vertigineux sépare Malachie de Matthieu. Quatre siècles. 400 ans sans voix prophétique majeure. Le ciel s’est tu.

L’Éternel, jadis criant par ses prophètes, s’est fait murmure, puis absence. Le peuple, héritier des promesses, avançait à tâtons. Il avait la loi, les Psaumes, les prophètes anciens, mais plus d’éclaireur pour dire : « Voici le chemin, marchez-y ». Il n’avait pas des prophètes majeurs pour révéler au peuple les intentions de Dieu.
Quel était le résultat ? Confusion, attente fiévreuse, Division.
Chacun interprétait l’ancien testament à sa manière, faute de parole fraîche.
ET SI NOUS Y ETIONS , NOUS, CONGOLAIS ?
Regardez le tableau : Un silence prophétique assourdissant sur l’avenir de la nation. À Kinshasa, le débat gronde : d’un côté, des voix jurent détenir le plan divin pour un « changement absolu de la Constitution », comme si Dieu avait dicté un nouvel article, avait prononcé le dernier message avait de garder l’omerta. De l’autre, d’autres rétorquent que « la voix du peuple, c’est la voix de Dieu », et que l’intérêt national doit primer sur toute révélation particulière, sur tout changement, si quelque chose doit se faire, ça doit l’être pour le peuple.
Pendant ce temps, à l’Est, le sang coule. Rutshuru, Bunagana, Masisi, Des villages se vident. Des mères enterrent leurs fils sans comprendre pourquoi.
Le viol, la machette et l’exil sont devenus un évangile quotidien pour des milliers de Congolais.
Et du ciel, rien. Aucun « Ainsi parle l’Éternel » clair sur la fin de la guerre.
Aucun Moïse pour fendre la mer de sang qui sépare le peuple de sa paix.
Alors le peuple doute. À qui se fier quand tous parlent au nom du Ciel, mais que les larmes de Goma ne sèchent pas ?
Quand la prophétie devient arme politique à Kinshasa, pendant que l’autel brûle à Bukavu ? Quand l’hémicycle s’enflamme pour des textes, pendant que des familles entières s’éteignent dans le Kivu ?
Peut-être que, comme en Israël avant Jean-Baptiste, ce silence n’est pas un abandon. C’est une épreuve. Un temps où Dieu se tait pour éprouver notre dépendance aux hommes, aux slogans, aux prophètes de cour.
Un temps pour nous forcer à revenir à sa Parole écrite, à sa justice, à sa compassion, en attendant qu’Il déchire lui-même le voile du silence, qu’il suscite un Michée qui prononcerait un discours contraire .
La cacophonie actuelle n’est donc pas qu’une crise politique, ni même une crise sécuritaire. C’est un intertestament congolais. Une traversée du désert où le peuple doit choisir : écouter les voix qui ne rassurent pas son avenir, ou préparer son cœur pour reconnaître la vraie VOIX quand elle tonnera de nouveau.
Car après 400 ans, le silence a pris fin par un cri dans le désert : « PRÉPAREZ LE CHEMIN DU SEIGNEUR ».
La question pour la RDC n’est plus « qui a raison sur le changement ou pas de la Constitution ». La question est : « Nos cœurs sont-ils prêts à entendre, quand Dieu parlera de nouveau sur le Congo, et surtout, sur l’Est ? »
Après tout, le temps est l’autre non de Dieu …

Martin Lunyengu, journaliste et analyste

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