RDC/SOCIÉTÉÀ KIKWIT , UNE ASPIRANTE SŒUR AU COEUR D’UN CRIME PASSIONNEL ENTRE DEUX ASPIRANTS PRETRES
Spread the love

Ils avaient dit oui à Dieu. Ils ont dit oui à l’amour. Et l’amour les a tué. Le sang a coulé où ça ne devrait pas, dans les couloirs même de la maison de Dieu.
C’est à Kikwit dans la province du Kwilu que le drame s’est déroulé. Le destin d’un aspirant prêtre, au lieu de s’achever par la soutane blanche immaculée a fini souillé de sang à coups de couteau.
Jerry Makolo ne sera jamais prêtre. Théo aussi ne le sera sûrement jamais. Et pour cause, entre eux, une femme, Priscille. Pas une femme ordinaire, une aspirante sœur. Comme eux, elle se préparait à consacrer sa vie, son corps et son âme au Seigneur.

C’est cette triple vocation qui rend terrible ce drame .
Tout commence par une amitié entre deux frères, deux aspirants Joséphites de Kinzambi. Puis Priscille entre en scène, d’abord comme amoureuse de Théo. Puis vient la rupture entre les deux.
«Théo, toi et moi, c’est fini», ce sont les mots retrouvés dans le téléphone de l’ex qui ont été lus devant le tribunal militaire. Des mots qui auraient signé l’arrêt de mort de l’aspirant Jerry devenu le nouvel amoureux de Priscille, l’aspirante.
L’ami est donc devenu le rival. Le frère est devenu l’ennemi. La jalousie s’est alors installée au dortoir, dans la chapelle et surtout à travers les messages WhatsApp. « Kovanda na bino, kovanda na ba ndoki » peut on lire dans l’un d’entre eux.
Puis , la menace a circulé sans que les concernés ne la prenne vraiment au sérieux
jusqu’à ce que finisse par arriver la nuit du 18 août, à Nzinda. Cette nuit-là, le couteau a remplacé le chapelet. Jerry est tombé. Poignardé.
S’en est suivi un hommage rendu à Jerry au centre culturel des Joséphites. Prières, larmes, incompréhension.
Comment une communauté bâtie sur le renoncement à la chair a-t-elle pu engendrer un crime passionnel ?
Aujourd’hui, Théo est à la barre, à l’espace Fola et Jerry est sous terre. Priscille, l’aspirante sœur au centre de ce triangle mortel porte le poids de deux destins brisés, si pas trois dont la sienne .
La justice militaire devra répondre. Qui a tué ? Pourquoi ?
Mais une autre question reste, plus vertigineuse que le procès : Comment l’amour de Dieu n’a t-il pas pu avoir raison de l’amour entre homme et femme au point d’en arriver à ôter la vie pourtant sacrée?
À Kikwit, on retient le souffleet on attend l’audience qui reprend ce mercredi .
Michel KAYAK

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *