RDC/ SOCIÉTÉKINSHASA: VERS UNE GUERRE DES POUBELLES OU VERS UN ETAT DE SIÈGE DÉGUISÉ?
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Sur la scène de la mégalopole Kinshasa, deux acteurs clés , une autorité urbaine constipée dans l’exécution de sa vision et asphyxié financièrement et un Service National super puissant avec une mission spéciale.
Au delà de la guerre pour le rétablissement de kin la belle , kin la poubelle  tend , selon les bruits des couloirs, vers une guerre au pouvoir.


Ce n’est plus un simple malaise. C’est une crise institutionnelle ouverte. L’altercation entre le ministre Léon Mulumba et les bâtisseurs du Service National à l’immeuble Flamboyant n’est  que la partie visible d’un conflit qui va bientot fulminer entre deux visions de l’État, deux budgets et deux légitimités.
Pour la petite histoire, Il faut d’abord savoir que Kinshasa n’a jamais réglé son problème de déchets depuis la fin du projet UE (PAUK puis PARAU 2010-2014). La gestion est ensuite passée à la RATPK, devenue RASKIN, placée sous coordination de l’Hôtel de Ville. Résultat ,l’arrêt des camions faute de carburant, arriérés de salaires, et 9 000 tonnes de déchet par jour non collectés. Le programme « Kinshasa Ezo Bonga » du gouverneur Daniel Bumba a hérité de ce cadavre.
C’est dans cette sorte de vide difficile à gérer que le Service National fait son entrée.
Si sur la base légale, l’assainissement est une compétence exclusive de la province selon l’article 204 de la constitution, le Service National qui est un Service paramilitaire rattaché directement à la Présidence de la République tire ses arguments de la mission lui confiée par le Chef de l’Etat lui même en vue de la mise en fonctionnement de la Task Force chargée d’assainir la ville province.
Le ministre Mulumba n’a donc pas tort de déclarer: « Vous êtes venus accompagner, pas remplacer ».
Mais pour plusieurs observateurs avertis ,politiquement, le Service National a déjà remplacé.
D’où La guerre. Juridique d’abord, Qui de l’Hôtel de Ville et du Service National a le droit et qui a le pouvoir de faire.
La guerre est aussi financière, en intervenant, le Service National capte le « capital sympathie » et justifie que les fonds d’assainissement lui soient directement alloués, court-circuitant l’Hôtel de Ville.
La partie la plus dangereuse de cette guerre reste  politique et symbolique . Le gouverneur Bumba est jugé sur la propreté. Si c’est le Général qui rend Kinshasa propre, Bumba est donc politiquement mort. À l’inverse, si le Général échoue, c’est la Présidence qui aura perdu son pari.
D’où alors l’allusion faite à une éventuelle question d’Etat de siège?
On le sait à l’Est  du pays , dans les zones sous controle du gouvernement,  l’uniforme a pris la place où l’administration civile commençait à manquer d’efficacité.
À Kinshasa , les méthodes semblent désormais être les mêmes  : bouclages, arrestations à l’aube, transferts à des milliers de km pour des faits civils, séquestration…
On se croirait en zone de guerre, on n’éduque plus, on punit. On ne sensibilise plus, on passe à la corvée ou on embarque.
On veut fabriquer une ville propre et civilisée de 17 millions d’habitants par la peur et non par le civisme.
Reste plus qu’à voir jusqu’où ira tout ceci si mesures d’encadrement ne sont pas vite prises .
Michel KAYAK

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