Les réactions fusent de partout, des figures politiques aux organisations de défense des droits de l’homme, en passant par les internautes. La scène de violence implique un médecin de service public de l’État à l’égard d’une patiente en pleine hémorragie postnatale.
Hasard du calendrier ou ironie du sort, cet incident tombe en plein mois de mars, pourtant dédié aux droits de la femme.
Dans la sphère politique congolaise, plusieurs personnalités se sont insurgées contre cet acte injustifiable. La gent féminine en particulier a fermement condamné la violence dont a usé le médecin pendant le traitement de la malade.
En déplacement dans la province du Kwilu, où elle prend part à la 13e conférence des gouverneurs, la Première ministre Judith Suminwa s’est dite choquée par « les faits de violence subis par une femme dans un centre médical de la ville‑province de Kinshasa. »
« Aucun contexte, aucune circonstance ne saurait justifier de tels actes, en particulier dans un lieu censé garantir la vie, la sécurité et la dignité humaine. Une enquête est en cours et nous attendons les conclusions », a-t-elle annoncé via son compte X.
Appelant au respect des droits de tous au sein des services publics, la cheffe de l’exécutif national a instruit les ministres concernés de prendre des mesures fermes. Lesdites mesures visent, entre autres, à :
– Renforcer les mécanismes de protection, de prise en charge et de respect des patientes dans l’ensemble des structures de santé
– Garantir, en toutes circonstances, la dignité, l’intégrité et les droits fondamentaux de chaque mère congolaise
– Veiller à ce que justice soit rendue conformément à nos lois et qu’un tel cas ne se reproduise plus dans nos hôpitaux et centres de santé
Depuis Washington, où elle séjourne sur invitation de son homologue américaine, la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi n’est pas restée indifférente après la publication des images qu’elle a qualifiées d’insoutenables.
Elle a condamné cet acte qui porte « atteinte à la dignité humaine et viole les droits les plus fondamentaux d’une femme en situation de grande vulnérabilité. » La Première dame a manifesté sa solidarité à la victime et plaidé auprès des autorités concernées afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire, que la victime bénéficie d’une prise en charge appropriée, que les responsabilités soient établies et qu’une réponse rapide, rigoureuse et exemplaire soit apportée.
Figure majeure de la scène politique congolaise et unique femme membre du bureau du Sénat, Néfertiti Ngudianza, rapporteure de la chambre haute du Parlement, a, de son côté, rappelé qu’il s’agit avant tout d’une question de dignité humaine.
« Ce n’est pas une question de femme. C’est une question de dignité humaine. La vidéo virale, en salle d’accouchement, est d’une violence et d’une incongruité inacceptables. Ce qui choque encore plus ? La banalisation. Le silence. La légèreté collective. Minimum : la radiation ! », a-t-elle tranché.
David Balanganayi, le médecin incriminé, écope déjà d’une sanction administrative ainsi que de celle du conseil urbain de l’ordre des médecins, l’empêchant d’exercer au sein des hôpitaux publics et privés. Le prévenu a été interpellé par la police, en attendant la suite judiciaire.
Osée Kabamba

