La grève annoncée ce lundi 26 janvier par les chauffeurs de bus et de taxis‑bus a été largement suivie par les opérateurs du secteur. Cette action marque l’opposition des transporteurs en commun au lancement de la grande campagne d’assainissement du secteur des transports annoncée par l’Hôtel de Ville de Kinshasa, avec 3 000 agents déployés sur le terrain pour désengorger les artères de la capitale et promouvoir le civisme routier auprès des conducteurs.
Des artères dégagées, des arrêts vides, des files de piétons dans certains quartiers , ce lundi, Kinshasa s’est réveillée avec l’allure d’une ville morte.
Si la décision du gouverneur Daniel Bumba n’a pas trouvé d’écho favorable auprès des conducteurs des véhicules de transport en commun, le président provincial de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO/Kinshasa), Bienvenue Kakule, indique que l’autorité urbaine a confié à sa structure une mission précise.
« Seul le gouverneur a pris la décision de déployer 3 000 agents sur le terrain pour pallier le problème d’embouteillage. C’est l’objectif qu’il nous a communiqué. Nous, en tant qu’ACCO, il nous a confié une mission. La première était celle d’assainir les parkings. La deuxième consistait à réglementer l’alignement des véhicules dans les parkings afin que ceux-ci ne soient pas à base des embouteillages ou désordre de la circulation. Troisièmement, est liée aux marchés pirates qui réduisent l’espace des parkings. Il nous a donc demandé d’étudier comment évacuer ces marchés pirates des parkings. »
Toutefois, le président provincial de l’ACCO se joint aux revendications des chauffeurs de transports en commun en demandant un assouplissement des mesures prises par l’Exécutif Provincial , tout en appelant les chauffeurs en règle à vaquer librement à leurs activités.
« Plusieurs chauffeurs nous demandent de solliciter du gouverneur l’ assouplissement de cette décision, puisque la majorité n’a pas encore payé la vignette ni effectué le contrôle technique. De plus, il est d’usage, pendant les mois de janvier, février et mars, d’observer une période de tolérance routière, durant laquelle on laisse les propriétaires s’acquitter librement de leurs taxes. Cela dit, tout chauffeur ou propriétaire de véhicule qui est en conformité avec les exigences peut circuler normalement », a déclaré Bienvenue Kakule.
Le président de l’Association des chauffeurs du Congo à Kinshasa appelle l’autorité urbaine à tenir compte des conditions sociales des transporteurs en commun et, plus largement, de la population kinoise : « Je réitère mon appel au gouverneur de la ville de prendre en considération les réclamations des chauffeurs qui ne sont pas encore en règle, afin d’envisager une mesure de clémence qui permettrait de fluidifier la circulation tout en assouplissant légèrement cette grande décision, qui est bonne mais qui pourrait aussi engendrer d’autres conséquences, notamment une raréfaction du transport. »
Au regard du faible nombre de conducteurs en conformité, le président de l’ACCO/Kinshasa assure poursuivre la sensibilisation auprès de membres non en réglé . Selon ses estimations, environ 5 % des conducteurs sont en conformité.
Osée Kabamba

