Les débats vont dans tous les sens au lendemain de la condamnation de l’avocat Freddy Ntumba devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, en procédure de flagrance. Alors que le collectif de la défense s’apprête à saisir la juridiction supérieure afin d’obtenir réparation d’une condamnation de huit ans qu’il juge disproportionnél et assimilable à un règlement de comptes, certains praticiens du droit voient les choses autrement.

Se fondant sur le comportement irréprochable qu’un avocat doit afficher envers les clients dont il défend les intérêts, ils estiment qu’il est inadmissible que ce dernier soit reconnu coupable de faux et usage de faux, de rébellion et d’autres griefs difficilement soutenables. De ce point de vue, cette catégorie d’avocats soutient mordicus la démarche du ministre de la Justice, qui entend mener une lutte acharnée contre les faussaires à travers ce procès à caractère pédagogique.

Toutefois, certains s’interrogent sur la peine de huit ans de prison, qu’ils jugent disproportionnée à la gravité des faits. Comment un avocat peut-il s’allier à d’autres au détriment de son client, en qui repose tout espoir ? se demandent-ils.
Pour Guillaume Ngefa, patron de la Justice, ce verdict traduit la fermeté désormais appliquée à l’encontre de ceux qui jettent l’opprobre sur la justice congolaise.
Mais d’autres avocats voient dans ce procès en flagrance un précédent dangereux, susceptible de mettre en péril la profession et, surtout, la liberté de la défense.
Affaire à suivre.
La Rédaction

