L’Église catholique a rendu publique sa position face au projet de révision ou de changement de la Constitution.

Elle s’oppose à toute modification des articles verrouillés de la loi fondamentale, estimant qu’une telle démarche n’est ni urgente, ni opportune, encore moins une priorité à l’heure où les principales préoccupations de la population et du pays demeurent la paix, le bien-être social, l’unité et la cohésion nationale.
Cette position a été rendue publique à l’issue de trois jours d’assemblée plénière extraordinaire des évêques de la CENCO, tenue du 18 au 20 juin.
La CENCO justifie cette prise de position par les risques et les tensions qui traversent actuellement le pays entre les partisans et les opposants à une éventuelle révision constitutionnelle. Selon les prélats catholiques, cette initiative comporte d’énormes risques, notamment celui de la balkanisation du pays dans un contexte marqué par des rivalités politiques à connotation tribale et ethnique, avec pour conséquence possible une guerre civile.
Face à l’occupation d’une partie du territoire national par le M23/AFC, malgré les accords de paix, ainsi qu’aux massacres perpétrés par les ADF, les évêques exhortent les autorités à passer d’une culture de la puissance à une véritable culture de la négociation. Ils estiment que seul le dialogue, dans l’esprit du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, permettra de consolider la cohésion nationale et de garantir l’organisation des élections dans le respect de la Constitution.
La CENCO recommande également au chef de l’État, Félix Tshisekedi, de respecter le serment prêté lors de son investiture, notamment celui de respecter et de défendre la Constitution.
Enfin, l’Église catholique appelle la population congolaise à faire preuve d’une vigilance accrue et à s’opposer pacifiquement à toute tentative de modification de la Constitution.
La Rédaction

