Tout d’abord ce fait autour duquel toutes les voix s’accordent , la bravoure saluée du pilote pour les vies épargnées des personnes au sol.
Puis vint ce constat malheureux sur l’inaction et le manque d’intérêt de plusieurs hauts responsables ressortissants de ce coin du pays pour leur contrée.

Au moment où le pays tout entier pleure depuis plusieurs heures deux de ces hauts officiers les plus valeureux , plusieurs autres vaillants militaires travaillant pour le compte de la justice militaire ainsi que les membres de l’équipage dont le commandant Bazaka Bashenghezi
de l’aéronef immatriculé 9S-GUC de Tracep Aviation, cette tragédie vient remettre également en question l’absence d’une piste opérationnel et viable à Kenge.
De l’avis des certains observateurs, les emprises de l’ancienne piste auraient été occupées anarchiquement et morcelées au fil des années, notamment par des hommes politiques, des hommes d’affaires et d’autres notables de la région. Une situation qui, au-delà de freiner le développement de la ville contribue également à exposer davantage la population.
Si la piste de Kenge avait été opérationnelle, le pilote, qui laisse derrière lui une veuve et trois enfants, aurait peut-être pu tenter un atterrissage dans de meilleures conditions et ainsi éviter le pire, c’est à dire limiter les dégâts matériels et humains.
Il est malheureusement fréquent qu’après un drame, les autorités compétentes congolaises prennent des décisions spectaculaires, souvent improvisées et sans véritable perspective à long terme.
En situation de détresse, Bazaka Bashenghezi a , durant plusieurs minutes, survolé le ciel de la ville à la recherche d’une zone moins densément peuplée , scène ressemblant à une démonstration de pilotage . Même si en dépit de tous ces efforts, le drame n’a pu être évité.
Cet accident soulève plusieurs autres préoccupations notamment celle concernant la responsabilité des acteurs politiques et autres hauts responsables issues de la province qui auraient pu pendant tout ce temps mettre à profit leurs fonctions, moyens et influences en vue de doter la province des infrastructures publiques capables de mieux servir la communauté. Des voix s’interrogent sur la place accordée aux intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.
Autre souci soulève par cet accident mortel c’est sur la sécurité du transport aérien en République démocratique du Congo et sur l’état des appareils qui continuent à transporter quotidiennement des passagers à travers le pays.
Il faudra encore combien de drames et combien de temps pour que les dirigeants congolais prennent pleinement en main leurs responsabilités ?
Régulièrement, des vies sont emportées à travers plusieurs voies de communication . Le tout se passe sous le silence des différentes autorités du secteurs qui donnent l’impression d’être totalement dédouanéés de toutes responsabilités de rendre compte et d’établir les responsabilités pour que sanctions s’en suivent.
Au-delà de l’émotion et des hommages, le drame de Kenge doit surtout servir à ouvrir un véritable débat sur la sécurité aérienne, l’état des infrastructures et la responsabilité des pouvoirs publics.
La Rédaction

