Les conducteurs et propriétaires des engins automoteurs ne remplissant pas les conditions requises pour rouler sur les artères de Kinshasa doivent au plus vite se mettre en règle. Dans une communication datant du 5 mars dernier, la Régie des fourrières et de contrôle technique des véhicules de Kinshasa (RFCK) alerte ces derniers sur la mise en pratique d’un contrôle systématique sur instructions du gouverneur de la ville Daniel Bumba.

Se référant à l’arrêté ministériel du 12 novembre 2025 du Vice‑premier ministre en charge des Transports, le chef de l’exécutif provincial instruit la Régie des fourrières de la capitale de veiller à ce qu’aucun véhicule ne puisse circuler « s’il ne remplit pas les conditions fixées par ledit arrêté », souligne le communiqué de la RFCK.

Le document rendu public par la Régie des fourrières et de contrôle technique précise : « il s’agit, entre autres, du système d’éclairage et des signalisations, du miroir rétroviseur intérieur et extérieur, de l’avertisseur sonore, des essuie‑glaces, du pare‑brise, des vitres, des pneumatiques, de l’émission de gaz d’échappement, du réservoir et des canalisations des carburants, etc. »
Tout en interdisant le recours à l’éclairage à technologie LED, la Régie chargée du contrôle technique avertit : « Tout véhicule qui ne remplira pas les conditions exigées sera immobilisé, conduit en fourrière pour sa destruction conformément aux textes en vigueur en la matière. »
Au sein des opérateurs du secteur du transport, cette annonce soulève des interrogations. Chardin Ngoie, président de la Mutuelle pour la Solidarité des Chauffeurs au Congo (MSCC), se demande « s’il n’y a pas une sorte de confusion entre le contrôle routier et le contrôle technique qui devrait s’effectuer au sein des centres spécialisés de contrôle technique, ainsi que la gestion des fourrières sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa. »
D’après lui, les agents de la Régie de fourrière doivent, à leur niveau, contrôler les documents des usagers de la route et des propriétaires qui sont passés au centre de contrôle ou non. Quant aux amendes transactionnelles, elles reviennent à la responsabilité de la police de circulation routière, conformément à notre code de la route.
« Mais ici on se pose encore une fois la question de savoir si ces agents appréhendent un véhicule avec constatation de contravention. Quelle sera l’amende transactionnelle et qui percevra les frais ? Nous sommes en train de constater qu’il y a une question de sanction automatique », poursuit Chardin Ngoie, qui s’interroge sur ce que disent les textes légaux au sujet de la mise en fourrière et de la destruction des engins roulants.
Pour le président de cette structure réunissant les chauffeurs de transport en commun, les décisions prises pour trouver une solution aux problématiques du transport en commun à Kinshasa n’ont à ce jour rien résolu. Bien au contraire, elles aggravent la situation sur le terrain.
Osée Kabamba

