Même si on en parle très peu à Kinshasa, il est important de savoir que le Congo-Brazzaville voisin de la République Démocratique du Congo entre dans la dernière ligne droite de son processus électoral. Un scrutin qui s’annonce sans surprise car favorable, au régime en place.
À 82 ans, au pouvoir depuis 1979 avec une interruption entre 1992 et 1997, Denis Sassou Nguesso reste le favori incontesté de cette présidentielle prévue ce 15 mars.
Des élections organisées dans un contexte où les relations entre la RDC et le Congo-Brazzaville vivent qu’on veuille le dire ou pas un refroidissement perceptible sur fond d’hypocrisie et de semblant.

En effets, les deux pays qui partagent le même fleuve qui unit plus que ne sépare entretiennent depuis très longtemps des liens forts sans compter sur leurs rellations bilatéraux de sécurité et de commerce.
Mais si à Kinshasa, le pouvoir de Sassou interresse de moins en moins c’est à cause du silence que ce dernier a délibérément choisi d’adopter face à la crise sécuritaire qui frappe l’Est de la RDC.
L’homme qui s’était révélé comme premier médiateur dans les différentes crises politiques de ses voisins a choisi depuis quelques temps d’investir dans une relation plus proche avec le régime assassin de Kigali. Pillule que les congolais de Kinshasa ont encore du mal à avaler tant le Congo a multiplié les contacts avec le Rwanda ces dernières années.
De l’autre côté de Brazzaville, on aurait souhaité que le voisin fasse comme le Burundi qui apparaît aujourd’hui comme le peuple frère le plus ouvertement solidaire avec la RDC sur le dossier sécuritaire à l’est avec comme toile de fond une coopération militaire sur le terrain ainsi que des déclarations politiques plus directes et tranchées .
Si cela est trop demander une certaine opinion ne se gêne pas à affirmer que Sassou aurait à la limite accepter de jouer ne serait ce que le rôle interressé même si moins engageant et tout aussi discret que celui joué par l’Angola ou la Tanzanie.
Bien loin de parler de rupture entre Brazzaville et Kinshasa, le silence diplomatique de DSN perçu comme trahison fait de son probable retour au pouvoir un non évènement pour des nombreux congolais de Kinshasa. Voilà qui justifie le désintérêt de bon nombre des congolais de la RDC au processus électoral en cours qui devra aboutir à la reconduction au pouvoir de « Otchombé » au Congo Brazza.
Michel KAYAK

