Depuis l’annonce du drame survenu dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre à la salle des fêtes Panacée, située dans l’enceinte de la concession protestante du Centenaire, dans la commune de Lingwala, on constate d’abord, comme de coutume, le défilé des autorités sur le lieu du drame pour effectuer des constats, suivi d’une pluie de communiqués annonçant soit le bilan, soit encore certaines mesures.
Si le dernier communiqué émanant du ministère des Médias confirme le décès de 12 personnes, dont 7 femmes et 5 hommes, ainsi que 5 personnes hospitalisées et 21 autres blessées qui ont été libérées, l’inquiétude demeure quant à l’annonce de la poursuite de l’identification des victimes.
Ce qui revient à dire que ce bilan provisoire pourrait encore s’alourdir, sachant que certaines victimes pourraient ne pas avoir encore été identifiées à ce stade.
Si le communiqué signé par Patrick Muyaya semble relativement précis, celui publié à la même date par le vice-gouverneur Eddy Iyeli Molangi relance le débat sur la gestion, non seulement des catastrophes, mais également au niveau de la prise en charge des victimes.

L’adjoint de Daniel Bumba, de son côté, fait état d’une dizaine de décès, alors que toute la matinée du samedi 5 septembre aurait pourtant pu permettre aux autorités urbaines de s’enquérir davantage de la situation. Ledit communiqué ne précise ni le nombre d’hospitalisés ni celui des blessés, contrairement au communiqué du ministère des Médias qui apporte davantage de détails.

D’où cette question : qui, de l’exécutif provincial ou du gouvernement national, doit informer ?
À cette contradiction des chiffres et à ces imprécisions s’ajoute le premier bilan provisoire communiqué par le bourgmestre de la commune de Lingwala. L’autorité dont on pourrait attendre un bilan précis, au regard de ses responsabilités, avait annoncé un bilan de 22 morts.

Comment expliquer un si grand écart entre le bilan communiqué par le bourgmestre et celui du ministère des Médias, alors que l’exécutif provincial reste, lui aussi, imprécis ?
Autre fait étonnant : la série de descentes sur le terrain. Après le Vice – gouverneur, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et le bourgmestre, vient quant à lui d’annoncer l’ouverture d’enquêtes et le lancement du contrôle des salles des fêtes dans les 24 communes de Kinshasa.
S’il a fallu un bilan de 22 morts selon le bourgmestre, puis de 12 morts selon le gouvernement central, pour en arriver à l’exigence du respect des normes de sécurité dans les salles des fêtes, combien faudra-t-il encore de victimes pour diligenter les mêmes contrôles dans les églises qui dépassent parfois largement leur capacité d’accueil ?
Le cas Panacée doit être considérée comme un simple avertissement ou comme révélateur d’un problème plus profond dans la gestion et le contrôle des lieux recevant du public .
Mieux vaut prévenir que guérir. La Rédaction

