C’était à peine le jeudi 10 septembre dernier à 8h du matin qu’ un incendie parti d’une maison d’habitation sur l’avenue Funu B, à Kasheke, quartier Cimpunda en plein Bikavu, chef lieu de la province du Sud-Kivu se propageait jusqu’à atteindre deux écoles primaires Furaha et Ujamaa, construites en bois.
C’est donc dans la panique totale que certains des enfants qui sautaient et courraient, se bousculant dans tous les sens ont perdu la vie. Le bilan provisoire qui était de 29 morts avait ensuite était revu à 27 morts aux côtés des centaines des maisons volées en fumée.
Et ce lundi à Bukavu, c’était la cérémonie d’inhumation de ces 27 élèves au cimetière de Ruzizi. 27 corps placés dans 27 cercueils.

20 filles, 6 garçons ainsi qu’1 corps qui a pas pu être identifié.
Ironie du sort ou mauvaise coïncidence, à plus 2000 kilomètres de là à Kinshasa, le même jour, au Lycée Shaumba, c’était la fête. Tapis rouge, discours, danses, fanfare et selfies.

L’école organisait la cérémonie de réception de ses deux nouveaux bus flambant neufs et 100 ordinateurs, don du chef Chef de l’État .

D’un côté on pleurait des enfants morts atrocement et de l’autre on déballait des dons.

Deux faits séparées pourtant mais qui vient accentuer encore plus la fracture tant déplorée déjà .Deux réalités totalement opposées entre d’une part les atrocités que continuent à vivre les populations de la partie Est et le reste du pays visiblement pas assez touché par le drame vécu de l’autre coté.
Et ce 14 septembre, 3eme lundi de la rentrée, ce contraste poignant s’est invité sur le terrain des écoles. Le don de Shaumba, loin de poser problème soulève juste une certaine négligence organisationnelle dans le calendriers et agendas de certains responsables en charge de la tâche.
Un manque d’importance à accorder à la symbolique même des choses . Kinshasa continue à vivre comme si de rien n’était quand autres parts dans le pays, comme à Bukavu, on survit.
Qui a donc fait oublier ce vieil adage qui dit : « On ne fait pas la fête lorsque ça brûle chez les voisins ».
Michel KAYAK

