Les deux chambres du Parlement ont officiellement ouvert, ce lundi 16 mars, la session ordinaire de mars 2026. Bien que cette session ne soit pas essentiellement budgétaire, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a martelé dans son allocution la nécessité de déposer un projet de loi de finances rectificative et de poursuivre la mise en œuvre du budget-programme.

Au crépuscule d’une session parlementaire qui s’annonce à forte teneur politique, le speaker de la chambre haute a dressé un tableau préoccupant de la situation socio-économique du pays, après l’adoption en décembre dernier de la loi de finances 2026, arrêtée à 59 021 milliards de francs congolais.
« À l’issue de l’examen et de l’adoption de la loi de finances pour l’exercice en cours, le Sénat a formulé plusieurs recommandations à l’endroit du Gouvernement, parmi lesquelles figure la nécessité de soumettre, dans les délais appropriés, un projet de loi de finances rectificative », a-t-il déclaré.
Pour Sama Lukonde, ce projet rectificatif apparaît « comme un instrument d’ajustement technique, mais également comme un outil stratégique permettant de répondre aux chocs exogènes et de garantir la soutenabilité des finances publiques dans un environnement international instable, marqué notamment par la guerre au Moyen-Orient. »
Le Sénat insiste en outre sur l’extrême nécessité de poursuivre la mise en œuvre du budget-programme, « conformément aux dispositions de la législation relative aux finances publiques. » Pour son président, cette réforme structurante de la gestion de l’État, fondée sur le principe de la déconcentration, confère aux ordonnateurs une responsabilité accrue dans l’exécution des crédits budgétaires et appelle, en contrepartie, à une exigence renforcée de redevabilité.
Face à la situation sécuritaire inquiétante, avec en toile de fond l’agression et les multiples tentatives de déstabilisation du pays, le président du Sénat encourage la mise en place d’un dialogue sincère afin de consolider la paix et préserver la solidité des institutions. Il a par ailleurs rassuré que son institution ne ménagera aucun effort sur le plan diplomatique pour assurer « la cohérence avec la diplomatie agissante impulsée par le Président de la République. »
Osée Kabamba

