Si, pour certains, les années se succèdent sans se ressembler, cela est loin d’être le cas pour Madame Lily Mwela Mbo, deux fois victime de kidnapping, de traitements inhumains, de viol, de vol et d’autres traitements dégradants, d’abord en 2018 puis ensuite en 2021.
Mariée et mère de famille, cette femme politique, membre de l’ECIDE, parti politique cher à l’opposant politique Martin Fayulu, traverse actuellement de très mauvais moments. Elle est aujourd’hui prise en charge pour un syndrome post-traumatique et une dépression consécutifs à son deuxième enlèvement.
Pour la petite histoire, l’épouse de Monsieur Narcis Bulantini a été enlevée le 27 février 2021 alors qu’elle revenait du travail. La militante de l’ECIDE a été maîtrisée par des hommes non identifiés au milieu d’une gare centrale à quelques pas des éléments de la police nationale congolaise , comme si elle était suivie par ses bourreaux.
L’un d’eux l’a tirée par derrière, lui bloquant bouche avant de la jeter dans un véhicule en un clin d’œil et d’asperger par le nez des substances chimiques qui l’ont plongé dans l’inconscience la plus totale.
Après avoir repris connaissance des heures plus tard, cette mère de famille sans défense s’est retrouvée dans une maison difficile à décrire, où seules les voix de ses ravisseurs résonnaient depuis différentes pièces. Les yeux bandés, les mains et les pieds ligotés, elle était totalement à leur merci.
La carte de membre du parti ECIDE retrouvée dans son sac, fouillé de fond en comble par ses ravisseurs, a constitué, pour ces derniers, une infraction grave, voire une insulte.

Déjà torturée, tabassée et violée à tour de rôle comme un objet de plaisir, elle a ensuite été qualifiée de traître et accusée d’inciter les Kinois à la violence après les élections Présidentielles .
En sa qualité de membre du parti ECIDE, opposant farouche au Président Félix Tshisekedi , ses ravisseurs lui auraient promis de lui couper la tête et les mains si elle continuait son combat politique au sein de la cellule de Kasa-Vubu, où elle travaille comme cadre de la jeunesse féminine tout en confirmant qu’ils connaissaient tout d’elle .
Alors que les alertes se multipliaient de partout et qu’elle était déjà considérée comme morte par ces hors la loi jamais retrouvés , Madame Lily Mwela Mbo a été abandonnée dans la soirée du dimanche 28 février dans la commune urbano-rurale de Maluku soit 1 jour après , avant d’être conduite à l’hôpital par des inconnus où elle a passé quelques jours .
Entre-temps, ses biens de valeur lui avaient été arrachés et son compte bancaire vidé grâce au code obtenu sous la torture.
Le cas vécu par Madame Lily Mwela Mbo relance le débat sur la protection des personnes et de leurs biens à Kinshasa, où le phénomène des kidnappings prend une ampleur inquiétante au vu et au su des autorités du pays, sans oublier l’intolérance politique au profit d’une seule tendance politique, à savoir la majorité présidentielle.
Il convient également de rappeler que Madame Lily Mwela Mbo n’en était pas à son premier kidnapping. Déjà en 2018, elle avait été enlevée avec une autre femme à bord d’un taxi, toujours de nuit, avant d’être relâchée le même jour à kingabwa , après avoir été dépouillée de 4 000 dollars en espèces, de ses bijoux en or, dont deux bagues, un bracelet ainsi que de deux téléphones.
Malheureusement, déplorent sa famille biologique et politique, aucune suite favorable n’a été réservée à la plainte contre inconnus déposée au commissariat le plus proche de sa résidence officielle.
Il est temps que les autorités en charge de la sécurité s’activent pour maîtriser ce fléau qui prend de l’ampleur au point de devenir un véritable cauchemar pour les Kinois, qui vivent désormais avec la peur au ventre.
La Rédaction

