RDC : KINSHASA VILLE MORTE ,  LE POUVOIR A AIDÉ L’OPPOSITION
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L’absence de cortèges officiels et de gyrophares dans les rues de la  capitale a donné à une partie de l’opinion l’impression que même les autorités observaient la journée « ville morte » décrétée ce mercredi 3 juin par l’opposition.



Pour démontrer le contraire et rassurer la population, on aurait pu s’attendre à voir certains responsables de la majorité afficher une présence visible sur le terrain dès les premières heures de la matinée : des députés accompagnant leurs enfants à l’école, des ministres circulant normalement dans la ville ou s’exprimant en direct pour encourager les fonctionnaires et les citoyens à poursuivre leurs activités habituelles.
Or, le constat dominant est celui d’une grande discrétion.

De nombreuses écoles sont restées fermées, les universités continuent d’enregistrer une faible affluence et les autorités ont semblé adopter une posture de réserve, laissant l’opinion publique interpréter la situation à sa manière.

De son côté, l’opposition a visiblement tiré les leçons des précédentes mobilisations.

Contrairement aux méthodes autrefois fondées sur les affrontements avec les forces de l’ordre, les barricades ou les pneus brûlés, elle a privilégié une stratégie essentiellement communicationnelle : mobilisation sur les réseaux sociaux, diffusion d’images, occupation de l’espace médiatique et discours offensif.

Cette approche, moins exposée aux risques sécuritaires et plus adaptée aux dynamiques actuelles de l’information, semble avoir contribué à renforcer la perception du succès de l’opération, indépendamment même des chiffres réels de participation.

Dans une bataille politique où l’image et le récit comptent autant que les faits, l’opposition paraît avoir marqué des points sur le terrain de la communication.

Martin Lunyengu

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