Les tracts et autres messages diffusés dans différents canaux annonçant la grève des chauffeurs transporteurs ce lundi 26 janvier ont porté leurs fruits. Aucun transport n’est visible sur les principales artères de la capitale, en signe de contestation contre les opérations de contrôle liées à la preuve de paiement de la vignette, au contrôle technique ainsi qu’à l’achat de la nouvelle plaque d’immatriculation décidé par l’Hôtel de Ville de Kinshasa.
Les quelques chauffeurs courageux qui tentent d’enfreindre cette décision prise par leurs collègues ou leurs représentants revoient les prix du transport à la hausse, parfois deux voire trois fois plus élevés.
Dans certains coins, ils sont même malmenés par des individus inciviques, dans le but d’empêcher la circulation des transports privés.
Au-delà de la grève des transporteurs privés, on note également la rareté des transports publics, dont les conducteurs craignent de subir des actes de vandalisme. Entre-temps, sur le terrain, tout est quasiment paralysé , pas d’école, peu d’affluence sur la voie publique en ce premier jour de la semaine, du moins jusqu’à présent.
La Rédaction


La situation actuelle de manque de transport aujourd’hui dans la capitale congolaise, traduit un déficit manifeste d’autorité de l’État et une défaillance chronique des établissements publics de transport interurbain. Transco, isolé, ne peut absorber l’explosion démographique de Kinshasa, désormais forte de plus de vingt millions d’habitants selon les statistiques officielles. À cette carence institutionnelle s’ajoute l’absence criante de routes secondaires, révélant l’inexistence d’une véritable politique de mobilité, tant au niveau du gouvernement central qu’au niveau du gouvernement provincial.
Ce vide stratégique en matière de transport n’est pas seulement un problème d’infrastructures : il constitue un frein majeur à la compétitivité économique de la capitale, accentue les inégalités sociales et expose l’État à une perte de crédibilité. Kinshasa illustre ainsi, de manière flagrante, l’urgence d’une gouvernance cohérente et d’investissements publics structurants, sans lesquels la croissance démographique se transforme en fardeau plutôt qu’en levier de développement.