Déclarée officiellement en RDC depuis la mi-mai 2026, la souche Bundibugyo de la maladie à virus Ebola qui sévit dans l’Est du pays met en lumière des réalités différentes sur le terrain, tant pour le personnel médical local déployé en première ligne que pour la population congolaise en général.

La guérison du docteur américain Peter Stafford, qui a contracté la maladie au mois de mai alors qu’il soignait des patients à l’hôpital de Nyankutu, en Ituri, suscite l’attention de nombreux observateurs. Aussitôt déclaré positif, ce chirurgien âgé de 39 ans a été rapidement évacué vers l’Allemagne, plus précisément à l’Hôpital universitaire Charité de Berlin, où il a été pris en charge.
Selon certaines sources, ce travailleur d’une organisation chrétienne de santé à vocation humanitaire a bénéficié d’un traitement combiné à l’anticorps monoclonal humain MBP-134, recommandé par l’Organisation mondiale de la santé dans le cadre de la lutte contre la souche Bundibugyo. Après deux semaines de traitement dans l’unité d’isolement de l’hôpital berlinois, il a été déclaré guéri et a quitté l’établissement avec succès.
Cette situation soulève plusieurs interrogations. Pourquoi les médecins congolais qui ont succombé à la maladie, ainsi que de nombreux autres membres du personnel soignant, n’ont-ils pas bénéficié de la même attention, alors qu’ils sont exposés aux mêmes risques dans la prise en charge des patients ? Pourquoi avoir eu recours à ce traitement spécialisé alors qu’il n’est pas encore appliqué aux autres malades atteints du virus dans l’Est du pays ?
Selon certains chercheurs, l’anticorps monoclonal utilisé dans la prise en charge du médecin américain présenterait une efficacité accrue grâce à l’association de plusieurs anticorps expérimentaux. Bien que les équipes de riposte déployées dans les provinces touchées enregistrent une augmentation progressive du nombre de guérisons, plusieurs contraintes continuent de freiner les efforts de prise en charge. Parmi celles-ci figurent les difficultés liées au suivi des cas contacts, l’impraticabilité de certaines infrastructures routières ainsi que le manque de moyens logistiques.
Dans ce contexte, le renforcement de la prise en charge à travers l’utilisation d’anticorps monoclonaux pourrait contribuer efficacement à améliorer les résultats thérapeutiques et à limiter les dégâts causés par l’épidémie.
À ce jour, la RDC compte plus de trois médecins emportés par la souche Bundibugyo du virus Ebola, alors que le premier médecin étranger infecté a pu s’en sortir sain et sauf grâce à une prise en charge spécialisée. Cette situation relance le débat sur l’équité dans l’accès aux traitements innovants et aux soins de haute qualité pour l’ensemble des personnels de santé engagés dans la lutte contre cette épidémie.
La Rédaction

